mercredi 10 juillet 2013

Nouvelles estivales

Il y a bien longtemps qu'on n'avait pas alimenté le blog en articles mais nous voila de retour ! il faut dire que l'été a commencé depuis pas mal de temps déjà donc on en profite (petite pensée au passage pour nos compatriotes en métropole qui viennent tout juste d'avoir du soleil !). Voila dans ce billet un résumé des dernières semaines. 

Nos vacances n'ont pas encore débuté (2 semaines 1/2 en aout) mais les 2 derniers week-ends étaient prolongés d'un jour ferié avec le 24 juin qui est la fête nationale du Québec et le 1er juillet celle du Canada. L'occasion de s'évader un peu et c'est ce qu'on a fait en se  rendant à Saint Donat dans les Laurentides. C'est un beau coin proche de nous (1h30 environ au Nord) situé dans les Laurentides et pas très connu mais qui vaut le détour. Le temps était à l'image du mois de juin, orageux et incertain mais on a réussi à passer entre les gouttes.



Saint Donat est au pied du lac Archambault qui fait tout de même 10km de long et est entouré des quelques sommets dont la montagne noire à 875m. Il parait qu'en automne pendant la saison des couleurs le panorama est magnifique et ce n'est pas étonnant tant la végétation est dense.
Notre future maison sur son île privée

Retour au port. L'activité est très calme...



Je ne crois pas vous avoir parlé déjà des jeux pour enfants qu'on trouve ici dans les parcs publics. Ils sont toujours très bien équipés et en bon état. Celui-ci était directement sur la plage, avouons qu'il y a pire comme endroit pour jouer.






L'été à Montréal rime aussi avec musique. Près d'une centaine de festivals ont lieu pendant cette période, ce qui est unique. Beaucoup de groupes et musiciens de renommée mondiale sont présents. On a donc pu assister cette année à quelques concerts en plein air  et un en salle pendant notamment les Francopholies et celui du festival internationnal du Jazz (dont 300 concerts en plein-air sont gratuits).


Tous les concerts ont lieu dans le centre-ville, notamment sur la place des arts qu'on aperçoit sur la gauche de l'image (la photo n'est pas de moi !)


On a aussi tenté pour la première fois le cinéma en plein-air... en voiture ! 

Alors comment ça fonctionne : c'est assez simple en fait, en arrivant à l'entrée vous choisissez vos films. Oui, vos films car vous pouvez en voir 2 à suivre pour le même prix. Pour nous c'était l'Université des Monstres (suite de Monstres et compagnie). Vous roulez ensuite jusqu'à l'écran du premier film car il y a 5 écrans en tout qui projettent un film, en même temps !
Arrivé à votre écran vous attendez... la 
nuit ! forcément en plein jour difficile de voir grand chose donc la projection se fait au crépuscule. Nous sommes arrivés un peu en avance vers 19h et la séance a commencé à un bon 22h alors ça a été un peu long, surtout pour les enfants ! on est donc pas restés pour le 2ème film. 
Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus il n'y a pas de système de son donc pour entendre il faut allumer... votre auto-radio ! chaque écran a sa fréquence correspondante. Vous vous installez ensuite à l'avant de votre auto ou bien dehors sur des fauteuils que vous apportez. Nous on était assis dans le coffre, la voiture tournée dans le bon sens évidemment ce qui était très confortable aussi. A côté il y a de quoi acheter les traditionnels pop-corn. Un vrai cinéma !!


Pour terminer sur une note sucrée, voici des photos d'un endroit où on est allé chercher des fraises en auto-cueillette. 


Bon été à tous !!!

mardi 7 mai 2013

Curling... et printemps

Il y a tout juste 2 ans (déjà !) un fidèle lecteur m'avait chalengé pour essayer le curling. C'est désormais chose faite ! Quoi de plus normal après avoir découvert la balle molle, autre sport très en vue ici. Rien de comparable au hockey bien sûr (que je ne suis pas près d'essayer, je tiens à mon intégrité physique) mais on dénombre quand même 827 000 adhérents au Canada (pour comparaison moins de 300 en France), le gros contingent étant présent surtout en Ontario et dans l'Ouest car c'est dans ces provinces qu'est né ce sport. Et de fait, c'est plutôt un sport connu et pratiqué des anglophones à tel point que parmi les joueurs québecois francophones qui m'accompagnaient, aucun n'avait déjà lancé les fameuses pierres, ce qui m'avait vraiment surpris. Le mythe du "curleur" québecois s'effondre, hélas...

Alors pour ceux qui veulent comprendre un peu plus les règles lors des prochains JO l'année prochaine à Sotchi en Russie, voici quelques explications qui réveilleront en vous le curleur qui sommeille j'en suis sûr ;) 

Commençons par le plus simple, la piste (ou "rink"), qui mesure environ 42m de longueur par 4m de large. C'est là-dessus que glissent les pierres pour les envoyer le plus proche possible du centre de la cible dite "maison" et représentée par les cercles concentriques.



Les pierres, en granite, pèsent une vingtaine de kilogrammes et ont une surface un peu concave, ce qui lui donne une trajectoire courbée, elle "curle" (Curl en anglais signifie boucle, d'où Curling !).



2 équipes de 4 joueurs s'affrontent dans une partie. 3 joueurs de chaque équipe lancent leurs pierres tour à tour pendant que le "skip", l'équipier placé dans la "maison" les guident  (c'est lui qui crie beaucoup pour se faire entendre) car à 40 mètres on ne voit pas trop où placer la pierre. Les 2 qui ne lancent pas prennent le balai pour ce qui est évidemment la partie la plus drôle de l'exercice, frotter la glace énergiquement pour accélerer la glisse et emmener la pierre plus loin. Le tout en regardant où on va car trébucher sur une pierre de granite de 20kg n'est pas franchement recommandé. Les chutes sont nombreuses (et douloureuses), vous voila prévenus !


3-0 pour les bleus !

Quand chaque équipe a lancé ses 8 pierres, l'équipe la plus proche du "bouton" gagne 1 point pour chaque pierre dans la "maison" plus proche que la pierre adverse la plus proche. Si aucune pierre n'est dans la maison (ça nous est arrivé souvent !), aucun point n'est marqué.

Le tableau de pointage final avec les scores par manche. On s'est d'ailleurs planté, les 2 équipes ne pouvant scorer en même temps sur une même manche.

Je dois dire que ça a été un très bon moment car le jeu est convivial et simple, même si c'est compliqué à viser et doser le lancer de la pierre. En plus c'est très abordable financièrement, le seul inconvénient est qu'il faut un minimum de 6 joueurs, 8 étant le nombre idéal. Ah, et je ne sais pas pourquoi mais j'avais des courbatures dans les bras le lendemain, très bizarre... ;)

                                                 ///

Après cette parenthèse glacée, place au printemps ! nous avons la chance d'avoir des températures estivales depuis 2 semaines et on a donc sorti BBQ, vélos, chaises longues...
Quelques photos pour illustrer le tout :

Du côté de Terrebonne


Le hockey se pratique aussi l'été !

Les déneigeuses au chomage technique

Un fan de l'équipe du Canadien de Montréal, à la lutte dans les séries éliminatoires de hockey avec Ottawa (2-1 pour eux présentement)

vendredi 5 avril 2013

Week-end de Pâques à Québec

Voici un petit résumé de notre week-end dernier sur Québec. Ca a un peu traîné pour le mettre en ligne, c'est qu'on est à peu près tous malades et donc la semaine a été harassante !
On a donc profité du congé de Pâques pendant lequel le vendredi était ferié pour nos employeurs respectifs et la garderie et école fermées également. L'occasion de revenir dans la "capitale nationale" qu'on ne connaissait pas en cette saison (je pense qu'on a fait les 3 autres !). Le temps s'annonçait splendide pour ces 3 jours et on n'a pas été déçu avec des températures autour de +10°C et un ciel sans nuage. Les rues étaient aussi bien achalandées de touristes, ça donnait un parfum d'été très agréable !

Au coeur de la vieille ville



Et grande première pour nous, on a découvert l'aquarium de Québec, situé un peu en dehors de la ville eu haut de la falaise surplombant le fleuve Saint Laurent. C'est un vieil établissement, ouvert en 1953 pour la recherche de biologie marine, mais rénové en 2002 avec de nouveaux animaux dont les vedettes l'ours polaire et les phoques. 

On commence la visite avec le spectacle d'otaries, sous le soleil, qui donnait presque envie de piquer une tête. 

Le petit amphitéâtre est bien plein



L'ours polaire à l'heure de sa baignade

A l'intérieur on peut passer dans l'océan !

Une belle étoile

Alors sinon 2 mauvaises nouvelles. La première c'est que Ratatouille a servi de déjeuner aux oiseaux du parc :


La 2ème c'est que Némo n'est potentiellement plus un homme. C'est ainsi...


Autre visite, celle de l'île d'Orléans qu'on apprécie également beaucoup, notamment pour ses belles maisons colorées :




Mais le paysage nous a réservé surtout une belle surprise en cette saison de dégel. Sur une des plages étaient en effet échoués ce qui ressemblaient à des blocs de banquise. Ca donnait quelque chose de vraiment inattendu et on se serait bien cru au Groënland le temps de cette balade.





Une groënlandaise posant devant un iceberg



jeudi 28 mars 2013

Visite du parc Oméga

Ce qu'il y a de bien ici avec l'hiver, c'est qu'on peut quand même prévoir des sorties dans des parcs qui restent ouverts pendant la saison froide. L'un d'entre eux est le parc Oméga, situé à une centaine de kilomètres de chez nous au Nord Ouest sur la commune de Montebello.

C'est un parc qui se parcourt essentiellement en voiture même si à 2 endroits différents on peut se dégourdir les jambes dans des sentiers pédestres et approcher certains animaux (non dangereux) de près, visiter une vieille ferme, etc. Le reste du temps, on doit rester dans le véhicule obligatoirement.
Alors qu'est-ce qu'on y voit ? beaucoup de bêtes à "bois" : des wapitis, cerfs, chevreuils, daims, caribous. Mais aussi des loups gris et arctique, des ours noirs, des bisons, des castors...

Hiver oblige, on voit cependant un peu moins d'animaux et certaines activités ne sont pas ouvertes également comme la ferme, le spectacle des oiseaux, une soirée avec des loups, etc. Mais la visite vaut le coup d'être faite, surtout avec un paysage encore un peu enneigé, c'est très dépaysant. 

L'entrée du parc

Les animaux sont plus qu'habitués au bal des véhicules et les approchent sans crainte



Certaines bêtes sont très proches


... très très proches même !

 
Et hop ! une carotte !
Je ne vous raconte pas l'état de nos vitres en rentrant...




A droite, un Inukshuk, sorte de cairn construit par les peuples inuit ou  yupik
dans les régions arctiques du Canada



Un gros bison

 







Un caribou. Ou alors un daim. A moins que ce ne soit un cerf ?  on s'y perd !



A priori c'est un wapiti, reconnaissable avec ses immenses bois

L'hiver au moins la cabane à sucre est ouverte. A nous les sucettes de sirop d'érable !!





L'eau d'érable s'égoutte de l'arbre dans un seau (la chaudière) à travers un petit tuyau  planté dans l'écorce. Il faut 40 litres de ce liquide pour produire un litre de sirop. 

Arrivés là on remonte les fenêtres !

Un beau spécimen d'ours noir qui nous a fait l'honneur de sortir de sa tanière au bon moment.
C'est l'ours le plus fréquent au Canada. Sa fourrure a notamment été utilisée (ils ont du passer au synthétique depuis) pour confectionner les chapeaux de la garde britannique !

Des loups arctiques

mardi 19 mars 2013

Le rythme scolaire au Québec

S'il y a bien une différence visible entre le Québec et la France, c'est dans le rythme scolaire. Et je crois savoir que c'est un sujet en vogue dans la presse tricolore présentement alors ce thème s'impose naturellement ;) Qui sait, ce modeste blog donnera peut être des idées à M. Peillon !
Notre fille fréquente l'école québecoise (niveau appelé Pré-scolaire pour les 5 ans = Primaire français) depuis la rentrée dernière alors nous n'avons pas découvert encore toutes les spécificités du système (qui est d'ailleurs sensiblement le même partout au Canada) mais néanmoins, voila ce qu'on peut en dire...



Premièrement le nombre de jours de cours est différent : 180 ici vs. 150 en France (au passage les 180 jours sont une cible pour le ministre français) et son découpage sur l'année aussi : les cours débutent fin août (le 28 en 2012 par exemple) et se terminent juste avant l'été au moment de la fête du Québec du 21 juin. Ce qui laisse donc 2 mois de vacances pour cette période. Et le reste de l'année ? 2 semaines à Noël, et une semaine en mars (la fameuse semaine de relâche dont on vous parlait ici). A cela s'ajoutent, dissiminés tout au long de l'année, des journées pédagogiques pour que les enseignants puissent continuer à se former. Une vingtaine par année scolaire environ (soit à peu près 2 par mois donc). Pendant ces journées et si les parents le souhaitent, les enfants peuvent rester à l'école au Service de Garde qui organise des activités ludiques et parfois même des sorties en dehors de l'école (musée, glissades dans la neige, etc.). Ce service est encadré par des professionnels et est payant.


Voila pour les vacances. Ca peut sembler peu à première vue et on peut donc penser légitimement que les écoliers finiront l'année sur les rotules. A priori il n'en n'est rien (en tout cas on n'a jamais entendu de tel de la part de parents ici et les enfants n'ont pas des valises sous les yeux) et l'explication tient peut-être au rythme quotidien auquel sont soumis les écoliers.


La semaine s'étale en effet sur 5 jours pleins. Pas de mercredi libre avec son casse-tête qui va avec (où va l'enfant cette journée là ?), ni de samedi matin (qui se lève aux aurores pour l'emmener à l'école ?) et finalement une semaine plus simple à gérer pour tout le monde, sans coupure et à un rythme uniforme donc. Dans la journée, l'horaire nous a supris au départ car il nous paraissait court : la matinée s'étale de 9h à 11h45 et l'après-midi de 13h à 15h15. Entre les 2 les enfants dînent (= déjeuner du midi). Ceux du niveau supérieur (Primaire) travaillent une heure de plus en commençant à 8h. Soit une journée de 5h en Pré-scolaire et de 6h au primaire.



Que font alors les enfants avant l'ouverture des portes le matin et après les cours le soir ? Tous les parents, à commencer par nous, ne peuvent se permettrent en raison de leur travail de suivre ces heures. Heureusement les écoles proposent le service de garde dont on a parlé plus haut pour accueillir les enfants avant et après la classe. Les horaires sont généralement à partir de 7h et jusqu'à 18h. Ce service est là aussi payant, à savoir 7$ par jour dès que l'enfant bénéficie d'au moins 2 gardes dans la journée (parmi le matin, le soir et le midi car cette coupure du dîner est aussi encadrée par l'équipe du service de garde). Pour un mois de vingt jours on aura donc une facture de 140$ pour lequel un crédit d'impôt reste possible toutefois. Concernant les frais on n'en paye pas d'avantage pour l'année (école publique dans notre cas, l'école privée étant plus chère).

Conclusion ? passé l'étape d'étonnement à la découverte du rythme de l'année car celui-ci nous semblait un peu "léger", on en mesure pleinement les bienfaits maintenant après 7 mois d'école. La semaine est déjà plus facilement gérable pour nous parents qui travaillons du lundi au vendredi avec un rythme régulier. Et surtout la journée est moins fatiguante pour notre fille. Certes, elle passe quotidiennement sensiblement le même temps qu'elle le ferait en France, mais il y a une différence entre suivre les consignes au sein d'une classe, monopoliser sa matière grise sur des exercices, et laisser libre court à sa créativité, de façon ludique et plus libre dans un groupe restreint sur du dessin, des jeux éducatifs, du petit bricolage ou encore des activités physiques. Beaucoup de choses que les enfants font peu en classe et à la maison faute de temps. En un mot, on approuve !


Ce n'est pas notre fille ! ;)


lundi 4 mars 2013

Semaine de relâche

"Enfin les vacances" ! Voila ce que doivent se dirent aujourd'hui 1 million d'élèves québecois qui n'auront pas pris ce matin le chemin habituel de l'école. Cette semaine, traditionnellement la 1ère de mars, est destinée à couper un peu l'hiver, récupérer de l'énergie pour finir l'année sans encombre. Et en dehors des journées pédagogiques (en moyenne 2 par mois) pendant lesquelles les enfants sont à l'école mais juste pour s'amuser, et 2 semaines à Noël, ce sont bien les seules vacances de l'année scolaire de nos petites têtes blondes. En tout cas rien de traumatisant pour elles apparemment ! on reparlera d'ailleurs du rythme scolaire dans un prochain billet.

Alors comme on essaye d'économiser pour l'été nos maigres semaines de vacances, comment occuper notre jeune écolière de 5 ans ? pas de panique, de nombreuses solutions existent, à commencer par les fameux "Camps de jour" qu'on retrouve dans quasiment toutes les municipalités. On peut rapprocher ça des centres aérés en France : les enfants sont encadrés dans un lieu public (école, centre sportif, etc.) par des jeunes animateurs qui organisent pendant la semaine de nombreuses activités. Certains camps ont un thème bien défini, par exemple le théâtre, le sport, la nature... mais généralement les enfants font un peu de tout pour se divertir : jeux en groupe, piscine, bricolage...


L'accueil du camp de jour

Le centre sportif où est notre fille propose un choix énooooorme d'activités mais je crois que seule la piscine sera utile ;)
Tout comme l'école, on emmène les enfants le matin et on les récupère le soir (d'où le nom de Camp de jour !). Pour leur repas du midi, on fourni comme d'habitude leur "boîte à lunch" ainsi que deux collations. 

Un mot sur le coût car ce n'est évidemment pas gratuit. Celui-ci est assez variable mais généralement la plupart des camps sont entre 100$ et 150$ la semaine. Ca peut être plus haut selon les activités proposées et le coût lié au service de garde est en sus (permet de laisser son enfant en-dehors des heures du camp qui sont souvent 9h/16h). Mais le Québec propose aussi un crédit d'impôt sur le montant payé, ce qui s'avère bien utile l'été quand on laisse son enfant plusieurs semaines dans un tel camp.

Apparemment (et je veux bien le croire) les enfants adorent cette semaine. Verdict dans 5 jours pour la notre !

mercredi 20 février 2013

Le système de santé au Québec

Bon, en voila un sujet qui fâche tout le monde ici ! j'ai eu l'idée de vous en parler après 3h d'attente la semaine dernière dans une clinique pour faire inspecter mon orteil que je pensais fracturé. Et puis c'est un sujet important qui revient souvent dans les conversations (surtout entre immigrants !) et c'est tout simplement un thème vital !
La comparaison avec la France est naturelle pour nous qui connaissons maintenant les 2 systèmes. On peut dire avec le recul qu'on était plutôt gâté dans notre mère patrie car s'il y a bien ici quelque chose de tannant, c'est l'accès aux soins. Revenons à mon orteil : je me suis pointé vers 7h15 à la clinique dite "Sans rendez-vous" qui ouvrait à 8h. J'étais à peine surpris de voir une file de 15 personnes, plus matinales que moi sur ce coup là.
Quand les portes s'ouvrent enfin, il faut tout d'abord s'inscrire au secrétariat, donner la raison de sa présence et sa carte soleil (= carte d'assurance au régime public) et dans certaines cliniques, on peut même vous donner l'heure approximative de votre passage. Ce qui peut s'avérer pratique si vous désirez mettre à profit ce "temps libre" pour magasiner, rentrer chez vous... J'ai même découvert récemment un autre service appelé "1-2-3 Go" qui vous informe de votre position dans la file d'attente toutes les 60 minutes. Ca coute 4$ tout de même.
1, 2, 3... attendez !
Notre astuce pour l'attente c'est que lorsqu'un de nos enfants est malade, l'un de nous 2 (parents) fait la queue, ce qui évite d'attendre avec lui trop longtemps. Mais comme l'enfant doit être présent lors de l'enregistrement avec la secrétaire, il faut que le 2ème parent soit arrivé avec lui quand les portes s'ouvrent. Question de timing pas si facile, la dernière fois la secrétaire était en avance et j'ai trainé à arriver avec lui, laissant de précieuses places s'échapper !
Et si on arrive plus tard me diriez-vous ? vous risquez tout simplement de voir un panneau "Complet" s'afficher, vous obligeant à vous tourner vers une autre clinique qui risquera d'être complète à son tour. Moralité : il faut arriver tôt ! 
Le système s'améliore peu à peu cependant avec pour certaines cliniques un autre service téléphonique proposé que vous appelez la veille pour obtenir un rendez-vous. Pas le choix de l'heure évidemment mais au moins vous avez votre place assurée.
Autre système, celui de Bonjour-Santé qui permet la recherche via leur site des places disponibles proches de chez-vous mais là il faut mettre la main à la popoche (15$) et peu de cliniques sont référencées pour l'instant.



Une fois votre tour venu, vous pouvez enfin exposer votre problème. Ca peut se compliquer un peu à ce moment là car évidemment selon l'endroit où vous êtes allés, et quand bien même il s'agirait de votre clinique habituelle, le médecin peut ne pas être le même, ce qui pose un problème de suivi de votre dossier de santé. Globalement cependant, la qualité des soins dispensée est bonne mais comme on vient de le voir, c'est véritablement l'accès aux soins où ça coince.

Et le médecin de famille dans tout ça ? celui qu'on appelle pour un RV le jour-même, celui qui se déplace à domicile quand vous avez le dos bloqué, celui qui vous suit depuis de nombreuses années... ? c'est un oiseau de plus en plus rare malheureusement et ce pour plusieurs raisons : bureaucratie trop lourde, travail devenu complexe et salaire peu attirant comparé aux autres provinces canadiennes ou au voisin américain qui favorise donc l'exil de médecins pourtant formés au Québec (notamment à l'université anglo-saxonne de McGill à Montréal). Une solution pour limiter cet exode serait d'obliger les jeunes diplomés à exercer au Québec pendant un certain nombre d'années mais pour l'instant ça n'a pas été retenu par le gouvernement.

Quelques faits : 
- Avec un ratio de 111 médecins pour 100 000 habitants, le Québec arrive au 4e rang des provinces canadiennes. Par contre, seulement 75 % des Québécois ont accès à un médecin de famille.
- En comparaison, 91 % des Ontariens ont un médecin alors que l'Ontario compte beaucoup moins de généralistes, 92 pour 100 000 habitants.
- Le Québec compte 225 médecins pour 100 000 habitants contre 330 en France (ce qui n'empêche pas des déserts médicaux dans certains départements).

Pour combler le manque le Québec mise bien-sûr sur l'immigration. Problème : c'est un véritable parcours du combattant pour qu'un médecin diplomé à l'étranger puisse enfin exercer ici. En 2009, le Québec a même signé un accord dit de réciprocité avec la France pour faciliter les flux de médecins dans les 2 sens. Il s'agit de l'ARM,  Arrangements en vue de la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles des médecins (plutôt AVRMQPM que ARM mais je suppose qu'ils ont voulu faire court). Un médecin québecois peut donc poser ses valises en France et en quelques jours de démarches, exercer où bon lui semble. Le français au Québec quant à lui devra subir une semaine d'évaluation suivie d'un stage de 3 mois (payant à 12 000$) pour exercer ensuite pendant un an dans un cadre réglementé ou universitaire avant enfin de devoir passer l'examen final de la spécialité que passent les étudiants québecois. Ouch ! Pas si réciproque que ça finalement...



Autre solution pour désengorger les files d'attente : le service téléphonique Info-Santé du 8-1-1 qui permet de rejoindre une infirmière 24h/24, 7J/7 afin d'avoir un avis sur un problème de santé non urgent. Très pratique, on l'a utilisé à plusieurs reprises et ça peut éviter un déplacement pour rien à la clinique.

Bon, attendre quelques heures à une clinique passe encore, après tout notre ancien médecin en France nous faisait attendre au minimum 1h (ça nous paraissait énorme !) alors qu'on avait un rendez-vous. Car après tout si le symptome est grave, direction les urgences. Et là... il y a du travail, spécialement à Montréal où les temps d'attente sont trop élevés, une vingtaine d'heures en moyenne alors que la cible gouvernementale est de 12h. 

Pour bien choisir, on peut consulter ici (pour Montréal) en quasi-temps réel l'occupation des urgences (la première colonne est bien un % sur 100). Ca a au moins l'avantage de la  transparence.
Allez promis, la prochaine fois que je me casse quelque chose, j'irai aux urgences et je vous ferai le topo complet !